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Ces textes ont leur origine sur le site d'une
Adhérente au Code de Déontologie de Caniconsultant

Site: http://www.communicanis.com

 

DANIÈLE MIRAT  

CANICONSULTANTE* 

 

Étude, conseil et médiation des cohabitations Homme/Chien
 

Un quotidien difficile à gérer avec votre chien ?

Même s'il vous semble avoir déjà tout essayé, je vous propose une autre approche

 

 

"...Rien n'est inné et rien n'est acquis... l'acquis ne se trouve jamais acquis que grâce à l'inné, qui lui-même s'avère toujours à façonner par l'acquis! ...."

Boris Cyrulnik dans "La naissance du sens"

 

 

Le chien: inné + acquis

 

 

 

Beaucoup de propriétaires de chiens sont désemparés devant les conduites indésirables de leur compagnon, se demandant comment et pourquoi ils ont un animal ingérable.

Plus ou moins bons maîtres sachant poser avec patience et discernement des règles de vie structurantes pour leur compagnon, ils se voient débordés par les comportements de grande agitation, de peurs ou/et d’agressivité de l’animal depuis son plus jeune âge.

Ces propriétaires ont bien sûr à s’interroger sur la bonne qualité de la relation qu’ils proposent à leur chien, mais ils découvrent un peu tard qu’ils n’ont pas su faire l’acquisition d’un chiot bien « préparé » et qu’ils n’avaient pas toutes les informations pour faire ce choix.

 

Avant de naître

 

Tout chien est d’abord l’expression de son patrimoine génétique, c’est évident.

Comme  c’est un animal social, il a des facultés innées à devenir un chien pouvant vivre en groupe, grâce à sa capacité d’apprendre à communiquer, lui permettant de s’adapter à son environnement.

Cette « promesse » génétique ne pourra cependant se réaliser et donner un chien apte à vivre dans une famille humaine, que si toutes les bonnes conditions sont réunies pour favoriser le développement physiologique, psychique et comportemental de cet animal.

 

Un chien c’est tout une somme d’aventures qui vont le façonner, et faire de lui le compagnon équilibré et sociable que tout le monde aime, ou au contraire l’animal agressif ou peureux ou malpropre (ou tout à la fois !) que personne ne comprend et voudra rejeter.

Somme d’aventures qui commencent bien avant la naissance du chiot, quand -in utero- il fait d’ores et déjà ses premiers « apprentissages ».

La qualité du vécu prénatal influe sur le comportement du chiot qui naîtra –le bien être ou, au contraire, le mal être psychique de la génitrice- faisant toute la différence.  

Quand il n’est pas offert à une chienne une gestation paisible et confortable, les chiots « baignent » dans la gamme des émotions négatives des chocs et du stress vécus par leur mère. C’est déjà une certaine sensibilité qui s’acquiert là, in utero.

 

Dès la naissance

 

L’histoire du chiot continue de s’enrichir de son vécu, chez l’éleveur ou sa famille d’élevage.

Une génitrice peu sociable, anxieuse et peureuse, agitée et peu attentive, ou trop tolérante et permissive, ou débordée et fatiguée par une portée trop nombreuse, éduquera mal ses chiots.  

 

A l’inverse une mère équilibrée, qui vit dans un environnement où les reproducteurs cohabitent paisiblement, fait faire à ses petits en interaction avec elle (si sa portée lui est laissée minimum 8 pleines semaines) les premiers acquis des rituels de salutations, de soumission, de dominance, d’invitation au jeu, avec l’auto contrôle de leur énergie et l’inhibition de leur morsure.

Les chiots apprennent aussi à communiquer « chien » pacifiquement, en évoluant ou regardant évoluer des congénères adultes qui s’apprécient. Ils se familiarisent avec les postures, les mimiques, les vocalises régissant la communication entre les uns et les autres.

 

Au contraire, des chiots retirés de leur mère prématurément ou élevés en boxes isolés ne se développent pas idéalement car l’isolement social prépare des chiots peureux à l’excès.

Ceux en contact avec des congénères adultes agités, aboyeurs ou en conflits permanents, sont en quelque sorte « préparés » à être agités et aboyeurs aussi, mordilleurs à l’excès et potentiellement agressifs. Le « modèle » que représentent ces manières d’être en relation entre chiens, façonne des timides plus émotifs, des déterminés encore plus dominants, des agités encore plus difficiles à contrôler.

 

C’est toute la cohésion d’un groupe de chiens à l’élevage, avec les interactions nombreuses et ludiques (n’empêchant pas pour autant certaines rivalités qui se règlent dans le respect de la hiérarchie) qui favorisent l’épanouissement optimal des chiots, à la fois physiquement, psychiquement et socialement.

De même, la qualité des échanges sociaux entre les éleveurs et leurs chiens, a un retentissement positif sur les chiots qui sont ainsi naturellement confiants dans l’être humain, à l’image des adultes reproducteurs. Cette une bonne socialisation des chiots à l’espèce humaine qui se prépare, si tous les contacts et soins donnés aux chiots par les personnes qui les entourent, sont doux et agréables pour les petits. Plus tard ceux-ci seront ouverts à des rencontres aisées avec d’autres êtres humains qui a priori ne seront pas à redouter.

 

En résumé l’élevage en très grand nombre et en boxes isolés et quelle qu’en soit sa qualité sanitaire (toujours mise en avant) ne permet pas une socialisation optimum aux congénères comme aux humains, espèces avec lesquelles immanquablement ils évolueront et même cohabiteront plus tard.

 

Nouvelle vie

 

Dès l’acquisition d’un chiot, le plus gros du travail reste à faire et charge aux maîtres de parfaire la socialisation entamée à l’élevage, en renforçant la familiarisation aux congénères (en rencontres avec et sans laisse), humains et autres espèces animales (ex :chat). Cela  par une diversification d’expériences toujours positives et sans les différer.

L’infinie variété des morphologies des chiens et des humains, fait mesurer qu’un chiot aura avantage à être familiarisé au plus vaste registre racial possible, et rapidement car le temps est compté.

 

Une période sensible et dite de retrait social guette en effet le chiot (globalement autour de sa 8ème  semaine) période où il est poussé jusqu’à des comportements d’évitement dans les semaines qui suivent.

Autant le chiot était apte à faire 1000 découvertes sans stress majeur pendant sa vie à l’élevage, dans sa période génétiquement programmée de grande attraction sociale (entre les semaines 4 et 7) autant ensuite il commencera à connaître la peur (vers sa 8ème semaine) et abordera moins facilement tout ce à quoi il n’aura pas été familiarisé avant.

 

La tranquillité intérieure d’un chiot confiant et explorateur (acquise dans les meilleures conditions d’élevage) lui donne de très grandes facultés d’apprentissages. Il sera « facile à éduquer » sachant aisément contrôler son énergie, prêt à respecter les limites, si des maîtres avertis et responsables initient avec lui une bonne qualité de relation, basée sur une communication performante. Il sera prêt alors à se révéler un chien apte à s’adapter, fiable dans ses réactions pour accompagner sa famille, dans n’importe quelle activité de leur quotidien. 

Le chien que l’on a, n’est donc jamais que le résultat des divers façonnements successifs dont il a été l’objet au cours de son développement jusqu’à l’âge adulte. Quand ils ne sont pas ignorés, ces divers façonnements successifs sont plus ou moins bien menés, organisés et aboutis.

Cela peut faire mesurer aux futurs acquéreurs novices, qu’ils auront intérêt à prendre conseil auprès de l'éleveur pour bien apprendre comment démarrer une bonne relation.

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